Une critique du site web Europeana.eu

Ce site web, lancé en 2008 avec le soutien de la Commission Européenne, rassemble des millions d’objets que l’internaute peut utiliser à sa guise. La fondation Europeana, des institutions culturelles européennes, des projets et des partenaires mettent à la disposition de chacun une large part d’images, de sons, de textes et de vidéos provenant de galeries, musées, librairies et archives.

 

La députée européenne allemande Helga Trüpel, qui présentait un rapport sur le portail le 19 avril 2010, invite les Etats-Membres à “éviter que ce ne se creuse un fossé de la connaissance entre l’Europe et les Etats-Unis” et à “veiller à ce que les Européens aient pleinement accès à leur propre héritage culturel”1. Cette vision déterminée, n’est à ce stade pas réalisable si on regarde le pourcentage des contributions par Etats. La France devance de loin tous les autres pays-membres avec presque la moitié des objets offerts par des institutions françaises. Cela ne représente guère un héritage culturel “européen”. Cela n’est évidemment pas la faute à la France, mais il faut se poser la question, comment encourager les autres pays à contribuer plus de matériel à ce site internet. Screen Shot 2014-11-30 at 10.37.52

 

Un autre problème pose le copyright des auteurs et l’investissement des pays dans le numérique. Pour pouvoir payer les auteurs pour l’utilisation de leur matériel et pour pouvoir numériser ce matériel, le pays doit disposer de l’argent. Aujourd’hui, en temps de crise, pas tous les pays n’ont les moyens financiers pour investir. Le résultat en est qu’on ne peut plus parler d’ “héritage culturel européen”, mais tout simplement d’ “héritage culturel des pays ayant les moyens financiers”.

 

L’utilisateur peut choisir entre plusieurs langues, point très positif, mais l’explication, le descriptif et les méta datas restent en anglais. Différents objets sont présentés dans deux langues, mais le gros du matériel est en anglais. Cela limite l’accès aux personnes qui comprennent la langue.

 

A part de ces inconvénients, le portail offre d’innombrable matériel pour s’informer sur différents sujets. Des expositions, un blog, une rubrique 1914-1918 et des pages “remix” et “professionnel”. Surtout la page “remix” nous a très intéressé. Une fille à la recherche de traces de son arrière-grand-père qui a servi dans l’armée allemande. De telles histoires enrichissent la culture européenne et font que les jeunes commencent à s’y intéresser. Ce sont les nouveaux médias qui sont utilisés par les jeunes et c’est le portail Europeana qui donne cette possibilité d’information et qui rend la recherche particulièrement intéressante.

 

Le portail est un pendant aux recherches “google”. La bande de recherche en haut de la page est très utile et donne à l’utilisateur des pistes pour débuter ses recherches. Avec plus de 6 millions d’oeuvres numérisées, Europeana constitue une source importante pour des recherches approfondies.

 

Si les pays-membres arrivent à numériser leurs archives nationales, si le facteur argent ne pose plus de problèmes et si le site n’est plus unilingue, ce portail pourrait réellement devenir un site de la culture européenne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  1. http://www.europarl.europa.eu/news/fr/news-room/content/20091002STO61736/html/Europeana-une-bibliothèque-numérique-qui-s’invite-au-Parlement-européen []

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