Narrating Europe: un exercice de réflexivité

Ce texte a été préparé pour une séance du séminaire ‘Narrating Europe” organisé par Benoît Majerus pour le Master Histoire européenne contemporaine de l’université du Luxembourg. Le séminaire se penche sur les différents types de narration existant actuellement sur l’histoire de l’Europe, en invitant historiens, muséologues, ‘digital humanists’ travaillant sur l’Europe.

Ce billet est publié simultanément sur Devenir historien-ne et sur h-europe.

Ego Histoire (1) — L’Europe à toutes les sauces

Je crois n’avoir pas cessé d’étudier l’Europe dans le sens “construction européenne” depuis le milieu du collège français, soit depuis que j’ai 13-14 ans. Dans un sens plus large, l’histoire de manière générale est enseignée à l’école dès 6 ans en France, et en particulier l’histoire de l’Europe, même s’il y a réorientation, dans les programmes les plus récents, vers une histoire plus globale1.

Cette enseignement scolaire de l’histoire de l’Europe est associée à un enseignement scolaire géographique de l’Europe – l’association entre histoire et géographie dans l’enseignement primaire et secondaire en France est particulièrement importante.

Ceci est propre à l’enseignement dans toute la France. Au fur et à mesure des années, le programme a été plus précis, jusqu’à celui de Terminale (scientifique mais avec un programme d’histoire géo important), où l’enseignement de l’histoire de l’intégration européenne et de l’Union européenne dans un sens géographie humaine est devenu assez pointu.

À cet enseignement, classique pour un Français, s’ajoute la couche Alsace-Moselle. En France, tout le monde le sait, l’Alsace-Moselle est responsable de trois guerres entre la France et l’Allemagne (1870, Première et Deuxième Guerres mondiales)- c’est complètement faux, mais c’est parfois vécu comme ça. La proximité avec l’Allemagne, un amour-haine constant des Alsaciens pour l’Allemagne et pour la France, donne une résonance particulière à cette région, qui, à chaque élection, oscille entre ouverture vers l’Europe et repli identitaire alsacien ou Français. Bref, si l’Europe – toujours au sens “intégration européenne” – a pu laisser beaucoup de citoyens français indifférents, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, ça n’a jamais été le cas en Alsace, d’autant plus que Strasbourg, ma ville natale et où j’habite à nouveau, a accueilli plusieurs organisations européennes (Conseil de l’Europe, CEDH, Parlement européen).

En clair, quand je commence mes études de sciences politiques à Strasbourg avec la ferme intention de devenir journaliste politique, je suis très favorable à l’Europe, à l’image de ma ville et de ma région natales.

Ego Histoire (2) – Études et recherches

L’enseignement dans les Instituts d’Études politiques français est partagé entre Droit public (français, européen, international), économie politique, sociologie politique et histoire. Une très grande partie des trois ans d’études ont été consacrées, toujours, à l’intégration européenne, sous ces quatre angles.

Pourtant, ce n’est pas l’intégration européenne qui a été le sujet de mes recherches. J’ai plutôt recherché, toujours en tant que bon Alsacien dont la grand-mère, née allemande, a été réintégrée dans la nationalité française et dont le grand père a fui les troupes allemandes en allant à Alger, à comprendre ce qui s’est passé entre les deux guerres mondiales.

Rencontrant mon futur directeur de thèse, Sylvain Schirmann, j’ai commencé par un mémoire sur la politique économique française de 1936 à 1939, vue par un journal anglais The Economist. Cette orientation histoire des relations internationales économiques de l’Europe s’est confirmée en DEA (Master 2) avec l’étude de la mission van Zeeland. Cela a été suivi d’une thèse sur Hjalmar Schacht, rencontré lors de mes premières recherches: je suis passé tout doucement de la France à l’Allemagne, mais en gardant quelque chose de central. Comment organiser économiquement, financièrement et monétairement le continent européen (ce qui rejoint le cœur des recherches de mon directeur de thèse)?

Ces recherches ont finalement rejoint la question de l’intégration européenne. Bien que n’ayant pas directement étudié la Seconde Guerre mondiale elle-même, ses causes me sont bien familières. Je comprends, ce qui est très classique, l’histoire de l’intégration européenne comme une volonté de paix. Paix politique, mais aussi économique et monétaire – c’est important de s’en souvenir.

Il y a dans les années 1920 et 1930 de nombreuses tentatives de pacifier l’Europe. Elles sont de natures très diverses, ce qui permet de comprendre ce qui peut marcher et ce qui ne peut pas marcher. L’impérialisme, du pauvre (France dans la première moitié des années 1920, Soutou), de la race ou autre, ne peut marcher. Inscrire durablement la revanche dans des plans politiques, économiques, financiers a lamentablement échoué. Vouloir la domination militaire ou raciale a mené à une catastrophe sans précédent. Mais les tentatives d’entente politique ont aussi buté sur un écueil fait d’économie, de monnaie et de finances qui dysfonctionnent.

Du coup, lorsque l’on regarde les tentatives intégratrices (pacifiques) de l’Europe dans les années 1920 et 1930, on s’aperçoit que ce qui a fonctionné a plutôt été dans le domaine économique et, dans une moindre mesure, monétaire. Économique? En fait, industriel: ce sont les cartels internationaux. On citera, puisque l’on est au Luxembourg, celui de l’acier, bien sûr. Dans le domaine monétaire, l’entre-deux-guerres, sans inventer la coopération entre banques centrales, l’institutionnalise fortement: les comités économique et financier de la Société des Nations jouent un rôle important. Puis, la fondation de la Banque des règlements internationaux, à Bâle, est un événement sous-estimé, mais majeur: une fois par an, les banquiers centraux de nombreux pays dans le monde se rencontrent. Un nombre plus restreint discute tous les mois. De nombreuses informations circulent alors. Dans le domaine monétaire, la BRI réussit ce que la SDN n’a que partiellement fait, du moins jusqu’à l’avènement de la Seconde Guerre mondiale.

En parallèle, je mentionnerais quand même – c’est un petit point de comparaison avec les technologies de l’information d’aujourd’hui – que ceci (la BRI, la SDN) n’est possible que par l’expansion de nouveaux moyens de communication matériels (l’avion) et immatériels (la radio et dans une bien moindre mesure la télévision).

Quelles conclusions tirer rapidement de mes recherches sur l’entre-deux-guerres en relation avec la manière dont je “raconte” l’Europe dans mes recherches:

  • L’entente entre la France et l’Allemagne doit exister;
  • Cette entente ne peut être qu’inclusive, notamment en relation avec le Royaume Uni et l’URSS puis la Russie – sur ce point, il n’y a pas le choix;
  • La construction européenne doit permettre d’amener la paix en Europe;
  • Elle doit être globale: la construction européenne ne peut être que politique ou qu’économique.

Ego Histoire (3) – 1989-2005

Cette vision de l’Europe, cette manière de la raconter, a vite été troublé. Le récit que je viens de faire n’est en fait pas si linéaire que ça.

1989-2005? Quel est le sens de ces dates? Je crois que 2005 s’explique de lui-même: c’est l’échec du traité constitutionnel européen, par les Français et les Néerlandais. À mon niveau personnel, c’est une réflexion aussi sur le sens de l’intégration européenne.

La paix est un acquis. Expliquer que l’ont fait l’Europe pour la paix n’est plus suffisant. Expliquer que l’Europe, c’est le marché unique n’est plus suffisant. Il y a manque de politique, très certainement – c’est aussi ce qui a manqué à la zone euro depuis 2008. Mais comment combler ce manque politique? Je n’ai pas de réponse à cette question.

La paix est un acquis? Oui, très certainement car nous n’avons plus eu de conflit en Europe occidentale depuis 1945. Certes.

Mais il y a eu 1989. La chute du Mur. Le discours, aussi, de Milosevic à Gazimestan. Célébrant les 600 ans de la bataille du Kosovo perdue par les Serbes contre les Ottomans, Milosevic prononce ouvertement un discours nationaliste serbe, faisant référence à la possibilité de recourir aux armes par la Serbie, alors l’un des États de la Yougoslavie. C’est lors de ce discours que commence, de fait, la guerre de Yougoslavie, traumatisme de l’Europe.

À l’image de la crise de l’euro aujourd’hui, la guerre en ex-Yougoslavie a montré toutes les failles de l’Europe, dans un sens large: l’Union européenne, à peine née (transformée de CEE en UE), est impuissante – ses membres ne lui ont pas donné les moyens de réagir. L’Ex-Yougoslavie montre que si le couple franco-allemand ne fonctionne pas (reconnaissance de la Croatie par l’Allemagne, attitude ambiguë de François Mitterrand vis-à-vis de la Serbie), l’Europe ne fonctionne pas.

1989 est suivi de nombreuses tribulations de l’Europe, qui marque l’entrée de l’intégration européenne dans les opinions publiques européennes. On parle de déficit démocratique de l’Union, à plus ou moins juste titre. On devrait parler de manque de légitimité démocratique. Le traité de Maastricht soulève une très vive et plutôt nouvelle opposition à la construction européenne, telle qu’elle s’est faite, en France (référendum de 1991). Mais aussi dans d’autres pays: Norvège, qui refuse d’entrée pour la seconde fois, Irlande, Pays-Bas, Suède, Royaume-Uni… mais finalement aussi l’Allemagne, même si c’est relativement tabou de le dire.

La période de 1989 à 2005 montre le paradoxe de l’Europe: là où elle a réussi (la paix), elle n’a pas assez réussi (Yougoslavie) et on ne lui donne aucun crédit (mon argument pour 2005: parler du couple franco-allemand ou de la paix n’a plus d’influence dans le débat public lors d’un vote européen). Là où elle a été fondée (l’économie), elle est radicalement remise en cause de tous les côtés (libéraux car trop dirigistes, certaines parties de la droite et de la gauche car ne laisse pas les Nations suffisamment souverainistes). Là où elle essayé de s’implanter dans les années 1990 et 2000, elle est soit face à ses contradictions (l’euro), soit en déroute complète (les Affaires étrangères).

En quoi tout ceci a-t-il influencé mes recherches? En 2008, quand un collègue de Strasbourg, alors que je commençais à travailler au CVCE, à Luxembourg, est venu me parler d’un programme de conférences sur les oppositions à l’Europe dont il fallait chercher le financement, j’ai immédiatement accepté.

Ce thème a été très nettement négligé – sauf autour du rejet de la CED par la France en 1952, et encore – par les historiens. Il est abordé de manière étrange par les juristes (on contourne les oppositions à l’Europe) et a été un peu plus creusé par les sciences politiques.

J’ai ainsi, après une série de conférences, lié le CVCE à ce projet – ce qui nous a permis d’enregistrer tous les séminaires, et m’a permis de co-diriger (et donc de lire dans le plus grand détail les contributions, venues de toute l’Europe) le premier volume issu de ce programme sur les oppositions à l’Europe.

Étudier les oppositions à l’Europe est très intéressant, car il montre ce qui manque à l’Europe. L’année de ce programme sur les oppositions à l’Europe (2008), j’ai également participé à un colloque sur les 50 ans du congrès de La Haye. En 1948, de nombreux européistes se sont rencontrés à La Haye, lors d’un congrès ouvert par Churchill. Le résultat “concret” de ce congrès, c’est la création du Conseil de l’Europe, organisation aujourd’hui assez vide, mais qui a joué un rôle capital dans les Droits de l’Homme (CEDH) et pour l’intégration des pays de l’ancien bloc communiste à l’Europe dans la première moitié des années 1990. Mais lorsque l’on regarde les trois commissions du congrès de La Haye (politique, économique et financière, culturelle), on s’aperçoit qu’un point particulièrement important ressort: la culture.

Dans mon article sur les oppositions à l’euro, ce que je constate, c’est que les économistes, qui pourtant sont censés élaborer des modèles mathématiques “objectifs”, sont d’abord issu d’un pays. Une culture commune leur manque: les économistes allemands estimaient que l’euro ne pourrait marcher car il ne reposait pas assez sur le modèle allemand et les Français pensaient que la monnaie unique serait trop allemande et pas assez française. Aucun n’était capable d’aller voir ce que les autres pensaient.

Finalement, on en revient aux fondations: l’Europe par la culture, celle de Denis de Rougemont. C’est la seule capable – j’entends ici culture dans un sens très large, et surtout avec une connotation d’ouverture sur les autres – de réaliser une réelle unité de l’Europe.

Ego Histoire (4) – L’historien, le citoyen et le numérique

Cette notion d’Europe de la culture questionne, pour l’historien que je suis, les relations du chercheur aux citoyens. Je n’ai pas été, avant 2008, quelqu’un d’intéressé par la vulgarisation. Par la force des choses, j’ai dû l’être, car en tant que chercheur au CVCE, je devais m’y intéresser. C’est finalement, je crois, quelque chose qui est en train de compléter ma formation d’historien.

Comme dans les années 1930, nous sommes à un moment important. Je ne fais pas référence à la crise, mais aux nouveaux moyens de communication, aux technologies de l’information. Elles changent tout: la “société” (sans vouloir réifier cette notion), la politique, l’économie, même la monnaie. Bien entendu aussi la culture elle-même.

Le CVCE comme le projet sur lequel je travaille aujourd’hui essayent d’utiliser le numérique dans une perspective de vulgarisation – aux États Unis, on dirait Public history, ce qui a l’avantage de ne pas porter de connotation négative.

Je vais maintenant m’arrêter sur ce que je fais aujourd’hui, et essayer de le connecter à ce que j’ai dit dans les minutes précédentes. Recruté comme ingénieur de recherche pour un LabEx (un regroupement dit d’excellence (Ex) de laboratoires (Lab) de recherche financé par l’emprunt Sarkozy) “Écrire une histoire nouvelle de l’Europe”. Ce LabEx, dirigé par Éric Bussière (qui a aussi travaillé sur l’organisation économique et financière du continent européen dans l’entre-deux-guerres), a pris pour point de départ le constat que l’historiographie de l’intégration européenne est incapable d’expliquer la crise que traverse l’Union européenne. Cette incapacité doit être résolue par la réintégration de cette historiographie dans l’historiographie plus générale de l’histoire de l’Europe. Lorsque j’ai postulé en avril dernier pour intégrer ce LabEx, je ne pouvais être qu’en accord avec ce constat, ayant interrogé depuis 2005 ma capacité, en tant qu’historien, à répondre aux attentes des citoyens vis-à-vis de l’Europe. L’originalité de ce LabEx est de partir, du coup, des problèmes d’aujourd’hui. Différents outils seront mis en œuvre pour atteindre ce but: les outils les plus traditionnels des chercheurs (livres, colloques, etc) et un outil moins traditionnel pour une université française: une encyclopédie en ligne.

Cette dernière est un aspect important de mon poste actuel. Je ne vais pas l’écrire à proprement parler, mais en élaborer le système d’édition. Conceptuellement parlant, il s’agit de s’adresser à des publics assez variés (professionnels et décideurs – de la politique, du secteur économique et autres-, enseignants, et citoyens “intéressés”), en mettant en valeurs des aspects liés aux problèmes d’aujourd’hui et peu traités ailleurs. Il n’y aura pas – c’est un exemple souvent donné par Éric Bussière – de notice sur Jean Monnet. Les notices – je ne peux encore rentrer dans le détail, dans la mesure où l’encyclopédie est un projet à ses débuts – seront élaborés par les équipes des sept axes du LabEx:

  • L’Europe comme produit de la civilisation matérielle;
  • L’Europe dans une épistémologie du politique;
  • L’humanisme européen ou la construction d’une Europe «pour soi», entre affirmation et crise identitaires;
  • L’Europe comme «hors soi»: frontières, voisinage et altérité lointaine;
  • L’Europe des guerres et des traces de guerre;
  • Genre et identités européennes;
  • Traditions nationales, circulations et identités dans l’art européen.

Elles couvriront ainsi des sujets très variés (civilisation matérielle, politique, guerre, art, altérité, identité, genre…). Il me semble que ceci rejoint mon expérience sur ce qui manque en Europe: la considération de l’autre, de son histoire, son identité. Bref, dit un peu rapidement, l’Europe par la culture, celle qui manque aujourd’hui.

Comment assurer la diffusion de cette encyclopédie, de sa logique, auprès d’un large public? Il est important, ici, qu’il s’agisse d’une encyclopédie en ligne. Les encyclopédies qui ne sont pas en ligne, aujourd’hui se meurent. Il n’y a de survie pour ce genre éditorial qu’en ligne, car le réseau, plus particulièrement le web, me semble lui être particulièrement adapté. Nous utiliserons tous les moyens que nous donne le web d’aujourd’hui pour la diffuser et, en ce sens, faire de la public history, intervenir, à une échelle peut être modeste mais bien utile, dans la relation des citoyens à l’Europe: la diffusion sur les réseaux sociaux, la participation au web dit “sémantique” (linked open data) avec la participation – si le conseil scientifique du LabEx l’approuve – de l’encyclopédie à Europeana (ce qui permet une diffusion des méta données sur Europeana, mais leur réexploitation par d’autres projets ce qui potentialise encore plus la bonne diffusion de l’encyclopédie -, l’enrichissement des notices (via Europeana ou la DPLA).

Il existe de nombreux projets dits “Digital Humanities” qui aujourd’hui s’intéressent à un grand public, comme le CVCE au Luxembourg. Toutefois la double préoccupation de recherche très approfondies associant plusieurs centres de recherche de très bon niveau, avec une volonté de vulgariser dans le sens noble du terme sur l’Europe me semble, finalement, plutôt originale.

Avant d’aborder plus dans les détails les éléments plus liés au numérique dans la manière de « raconter l’Europe », je me permets un plus grand détour sur ce que j’ai appris jusqu’ici des relations entre sciences historiques et numérique, sans vouloir être exhaustif.

Comment l’écriture de l’histoire évolue-t-elle avec le numérique ?

L’écriture de l’histoire à l’ère du papier a été très dépendante du livre. Les sciences historiques d’aujourd’hui sont structurées par la publication papier :

Pour le travail quotidien de l’historien :

  • Stockage des archives papier ;
  • Notes de l’historien prises sur le papier ;

Pour l’écriture historienne :

  • écriture d’articles, de livres.

Ceci a pour conséquence que l’historien, même s’il travaille « en réseau » depuis longtemps (ex. des débats franco-allemands sur la « nation » de la deuxième moitié du XIXe siècle ; ex du déploiement académique de l’école économique allemande au tournant des XIXe et XXe siècles), il y a un moment où sa recherche est privée : quand il est dans les centres d’archives et prend des notes, quand il rassemble ses notes, quand il en fait un chapitre, un article ou un livre.

Puis une phase publique s’ouvre, où l’historien ne sera plus seul : il doit compter avec un éditeur et toute la chaîne de l’édition, puis il doit défendre ses hypothèses, son travail devant un public de pairs (colloques), plus rarement devant un public un peu plus large, en règle générale lors de « disputes » comme l’Historikerstreit allemande des années 1980, ou les débats publics sur la collaboration et la résistance en France dans les années 1990 autour de Jean Moulin, François Mitterrand, ou les époux Aubrac. Ces grandes disputes touchent la plupart du temps des éléments douloureux de la mémoire collective.

Avec l’arrivée progressive du numérique dans le monde de la recherche, le processus de « fabrication » de l’histoire évolue grandement.

L’élargissement du champ de recherche des sciences historiques, par l’école des Annales, notamment, a montré à quel point l’information historique est abondante. Dès la fin des années 1950, les historiens se posent la question de la gestion d’une information de plus en plus abondante. Et cette question s’accroît à chaque évolution numérique majeure : le passage à la micro-informatique puis à la mise en réseau qui correspond aussi à une mise en données et une numérisation de l’information sans précédent.

L’informatique et le réseau déstructurent complètement le modèle précédent de fabrication de l’histoire, car ils rendent le livre progressivement caduque. Un livre, un chapitre, un article sont faits pour être lus de la première à la dernière page. Leur structure est maîtrisée depuis la Renaissance (livre) et le XVIIIe (article) et est relativement simple à maîtriser. Les pratiques des lectures sont aussi assez simples à comprendre : lecture intime, lecture linéaire (plus ou moins), pas de médiation entre le lecteur et l’auteur autre que le livre, pas ou peu d’accès aux sources primaires par le lecteur, même s’il y a des notes de bas de page qui, théoriquement, lui permettent d’aller vérifier les sources utilisées par l’auteur.

Écrire l’histoire à l’ère numérique est nettement plus complexe.

  • Médiation entre l’auteur et le lecteur : c’est l’un des points les plus compliqués. Il peut ne plus y en avoir du tout (accès direct aux sources primaires numérisées ou nées numériques), il peut y en avoir de nouvelles (usages d’outils d’analyse de texte, par exemple) ;
  • Modes de lecture : ils sont infinis, car l’écrit sur le réseau est pluridimensionnel grâce à l’hyperlien conceptualisé par Ted Nelson dans les années 1960 et mis en pratique par le web. La lecture n’est plus que rarement linéaire et est le plus souvent séquentielle ;
  • Aux modes de lectures, il faut associer la notion d’annotation. Aussi vieille que le Moyen Âge, l’annotation devient une pratique facile et courante avec le web ;
  • Enfin, il y a le commentaire : techniquement, tout ce qui est sur le web peut être commenté, et, ceci, par n’importe qui. La discussion, le débat autour des hypothèses fondant une publication n’est est que plus animée, mais aussi que plus cacophoniques parfois.

Bref, le lecteur numérique est autant acteur de la fabrique de l’histoire que l’historien lui-même.

En conséquence, l’écriture de l’histoire doit se faire aujourd’hui avec en tête les usages des lecteurs, ce qui n’était pas le cas avec l’écriture d’un livre : non pas que l’on ne s’occupe pas du lecteur, mais le livre ne permet pas d’usages aussi variés.

Second point qui bouleverse la fabrique de l’histoire, c’est l’ouverture de l’atelier de l’historien.ne. Les blogs, par exemple sur hypotheses.org (enklask.hypotheses.org / majerus.hypotheses.org), permettent à l’historien d’informer sur les pratiques qui autrefois se faisaient à l’étape privée de la recherche. Cela signifie que le débat sur les hypothèses (et ce n’est pas pour rien que cette plateforme s’appelle hypotheses.org) peut commencer dès le début d’un processus de recherche. Et ce débat peut se faire avec d’autres historiens, mais aussi avec un public plus large, y compris, pour l’histoire contemporaine, avec des acteurs des faits historiques.

Enfin, troisième point qui change les sciences historiques, c’est leur mise en données : mise en données des sources, mises en données des résultats de la recherche, des débats… Les sources primaires et secondaires peuvent être lues via des instruments d’analyse de texte, fouille de données, visualisation des données, etc. Cela permet, justement, de gérer une abondance d’informations sans précédent. Cela permet également, de (potentiellement) connecter tout ce que font et qu’utilisent les historiens. Cela signifie aussi, grand débat en cours, que les sources utilisées par les chercheurs et mises en données doivent être pensées comme des bases de données que tout le monde peut réutiliser.

Quelles sont les conséquences pour la manière de raconter l’Europe ? Je reviens ici à ma propre expérience.

Dans le cas de l’encyclopédie que le LabEx EHNE est en train de construire, cela signifie que nous tenterons, à côté de l’écriture, sur un mode plutôt classique, des notices, de jouer avec l’hyperlien, au bénéfice des lecteurs. Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ? Avec ce que l’on appelle le Linked Open Data (la capacité technique de lier des données publiées sur le web entre elles), nous pourront enrichir les notices, en faisant appel au contenu d’Europeana, de la Digital Public Library of America. Cet enrichissement, nous allons tenter même de l’automatiser, bien qu’il faille certainement faire des tests. Si les notices n’auront pas nécessairement d’hyperliens classiques en leur sein (mais ce sera possible), elles seront enrichies par l’ajout automatique de sources primaires, incitant le lecteur à aller plus loin s’il le désire. Cet enrichissement rentre dans le cadre de l’hypertexte décrit par Nelson.

Qu’est-ce que cela signifie pour l’auteur de la notice ? Qu’il doit lâcher prise, un peu. Qu’il doit renoncer à maîtriser le processus de lecture de son public. C’est difficile, mais c’est la règle du web et du réseau. Le réseau favorise le consensus et non l’autorité (cf. les pages de débat de Wikipédia). Il sera nécessaire pour l’historien de se priver un peu de son autorité s’il souhaite participer à l’élaboration de ce consensus. Le risque, s’il ne le fait pas, est de se couper d’un public plus large et d’agrandir encore l’immense fossé qui peut exister entre le grand public et le monde académique sur l’histoire et ses usages publics (cf. Métronome de Lorant Deutsch / Le film La Chute, etc).

Cet enrichissement sera à double sens. Nous essaierons de faire en sorte que les métadonnées de l’encyclopédie (les données sur les données, celles qui décrivent les notices) soit « moissonnées » par Europeana ou le moteur de recherche en sciences humaines et sociales Isidore. Que les lecteurs puissent, d’un clic, insérer nos notices dans leurs gestionnaires bibliographiques (Zotero, Mendeley, etc). En conséquence, ces métadonnées seront disponibles pour d’autres travaux. Elles pourront enrichir ces autres travaux et de fait les relier à l’encyclopédie, pour la densifier.

Cet enrichissement n’est pas que sur un mode texte : images, vidéos, cartes géographiques sont possibles.

Là-aussi, l’historien doit un peu desserrer son emprise sur son œuvre et, plus qu’à l’ère du livre où c’était déjà possible, accepter que ses écrits puissent être réutilisés à des fins qu’il ne souhaite pas nécessairement. Mais, c’est, là-aussi, la seule manière de se fondre dans le moule du web et du débat qu’il favorise autour de tous les sujets.

Dans le flux d’informations qui peuvent circuler, l’encyclopédie est aussi un moyen de guider le lecteur, de lui proposer de trier l’information, trop abondante. De le rediriger vers les sources et écrits les plus pertinents lorsqu’il veut se documenter sur une question européenne précise.

Dans le cas du CVCE, ce qui était ena.lu et est maintenant disponible sur cvce.eu, il s’agissait de faire un tri des sources primaires, la plupart du temps, à destination d’un grand public. Le problème ici est la contradiction entre ce que souhaite le grand public, les étudiants/enseignants, et les chercheurs. Ces derniers n’ont pas besoin que l’on sélectionne les sources pour eux. Ils ont besoin de beaucoup plus de sources primaires.

D’où l’émergence de différentes « publications » : des corpus de recherche, ensembles documentaires répondant théoriquement aux besoins des chercheurs sur un sujet précis, et des dossiers thématiques, avec des documents exemplaires d’une question donnés à titre d’exemple et un texte synthétisant les connaissances sur cette question.

Le problème est la viabilité d’un tel modèle d’écriture de l’histoire de l’Europe. Non pas que ces modes de publication soient mauvais. En fait le diable est dans les détails. Les chercheurs en histoire voudront non seulement de nombreuses sources primaires, mais également pouvoir eux-mêmes les trier et qu’ils soient compatibles avec leur mode de travail : la fouille de données, l’annotation, l’utilisation facile de leur écrits. Les corpus publiés par le CVCE ne le permettent pas encore suffisamment (albums). D’autres systèmes le permettent, comme l’Old Bailey on-line.

*

Pour conclure, il reste aujourd’hui encore de nombreuses incertitudes sur la manière de raconter l’Europe – et de manière plus générale de faire de l’histoire. Nombreuses sont les pistes explorées, rares sont celles qui seront vouées au succès.

Pour ma part, et pour revenir à la manière dont un chercheur (qu’il travaille sur l’Europe ou non) doit traiter de son sujet, je dois continuer à trouver un compromis entre ce que je publie sur un mode traditionnel et qui est institutionnellement requis et ce que je publie strictement dans la sphère numérique, la plupart du temps sur mon site web.

Sur ce dernier, j’essaye de publier les données que j’ai utilisées pour écrire un billet, je vais essayer, de plus en plus, d’enrichir mes billets sur le même mode que celui que j’ai décrit pour l’encyclopédie.

En résumé, raconter l’Europe aujourd’hui, implique :

  • de permettre aux lecteurs d’être actif, donc de moins maîtriser l’ensemble du processus de fabrication de l’histoire ;
  • de profiter des possibilités du web pour enrichir ses écrits ;
  • de tenir compte de la notion d’hyperlien, de ne pas oublier que la lecture est aujourd’hui essentiellement séquentielle et non plus majoritairement linéaire.

Les avantages de ces modes d’écriture sont de multiplier les contacts avec les lecteurs. Si l’on accepte le parfois très rude exercice de s’exposer au public, notre narration de l’histoire n’en sera que plus proche du grand public, sans compromis sur ses fondations scientifiques. Le risque est, par contre, la cacophonie et l’usage d’un contenu à des fins obscures.

Mais la cacophonie, que l’on soit dans le réel ou sur le réseau, aujourd’hui, pour l’Europe est la règle. Et le numérique, bien compris, bien utilisé peut aussi être un remède à cette cacophonie. D’une certaine manière, c’est ce qu’essaiera de faire l’encyclopédie EHNE : utiliser le numérique pour combler (à son niveau) le fossé entre les historiens, les acteurs de la construction européenne et des citoyens souvent perdus.

  1.         et d’ailleurs contestée: voir l’article de Pierre Nora dans Le Débat consacré au Difficile enseignement de l’histoire. []

Every day another (hi)story

A battle in 140 signs. A whole peace negotiation put into two lines. History written in tweets. The interest in dates and facts of contemporary history is growing, going beyond academic circles. The Master students of European Contemporary History at the University of Luxembourg made it their business to go beyond – via social media. To present some curious historical facts. The cause: In only a few months, the beginning of World War I is exactly 100 years ago.

Inspired by Allwin Collinson’s project @RealtimeWWII, the students will offer a collection of World War I stories and facts on Twitter. The aim is to make history easy to assimilate with little means. What makes the “real time” projects especially fascinating is that events are posted on the exactly same date and, if possible, even time, if reproducible in source material.

This source material is of crucial importance: A lot of stories on World War I can be found in the extents of the world wide web. One of the students’ most important aims is to offer reliable source documents for every date they tweet. These sources are not necessarily governmental documents – though these are appearing as well. But besides official events, stories shall be told about the individual people being affected by the war, about soldiers and nurses, queens and prisoners. So their diaries, letters, poems, photographs are taken to tell another, less known side of the history of World War I.

Of course, it is impossible to cover the whole World War with this method. But the Master students try to enlighten several aspects of a historical context influencing the every day life in many personal stories. The different national backgrounds of the students made the consultation of a wide range of source documents possible, in many different languages – English, French, German, Luxembourgish, Spanish, Portuguese, Serbo-Croatian, Romanian, Greek, Italian.

To catch some interest for the project, @RealtimeWorldWar1 already started to tweet: 100 years ago, the Balkan region was shaped by several conflicts. So right now, some dates and facts about the Balkan Wars are released via the Twitter account. Students will work on the project until 2017/18 – they feed a database, add and edit tweets. With every tweet, a link to a source document is offered. Furthermore links lead to the Master’s own homepage where more information on certain personalities and events can be found. Thus, the students invite their visitors and followers to focus on the everyday’s life during World War I. The tweets are the tidbits that shall awaken an appetite to learn more about the historical context.

Such tidbits are, however, only little fragments of the whole. The limitative Twitter format does not allow widespread examination of a subject. On the one hand, the risk of decontextualisation and misinterpretation is significant. On the other hand, it prompts the students to find out what is the quintessence of a historical event. Thus, they can learn how to really focus on certain circumstances – and how to attract a reader’s interest in it while exploring the possibilities of a new tool.

Besides a row of other valuable projects on the World War I centenary, as the University of Oxord project “Europeana 1914-1918”, @RealtimeWorldWar1 tries to bring events of high historical importance back on the level which they had 100 years ago: the everyday’s life of the European people. Thus, a perspective is offered that brings the reader face-to-face with contemporary witness of the war period. World War I is one of the oldest periods we can reconstruct with the support and background of modern media as photographs and films. There are even some, though fewer and fewer, time witnesses left. This range of sources offers the opportunity to have an insight into more than a history of winners and losers. It opens the way to an understanding of the meaning of war for the most different people. The “World War I goes Twitter” project of the Luxembourgish Master students lets this meaning breath through short sentences. Thus, the events may gain importance for a wide range of today’s readers.

Bibliographie Zotero pour le sujet de mémoire « Histoire des femmes au foyer au Luxembourg »

1. CARDON Philippe, Des femmes et des fermes, genres, parcours biographiques et transmission familiale, Paris, 2004.
Les femmes ont toujours travaillé sur les exploitations agricoles. Selon le livre, il coexisterait aujourd’hui deux types de familles en agriculture : une famille à double carrière privilégiant l’autonomie des conjoints ; une famille agricole où mari et femme travaillent tous les deux sur l’exploitation. On remet en cause les catégories habituelles de classification des femmes en agriculture. Il s’agit ici d’une démarche comparative entre deux régions européennes, la Franche-Comté (France) et l’Andalousie (Espagne). Le livre montre l’existence de trajectoires professionnelles discontinues des femmes, et inversées selon les régions : salariées extérieures devenant agricultrices en Franche-Comté, agricultrices devenant salariées hors de l’exploitation en Andalousie. Le livre nous aide à comprendre les paradoxes identitaires auxquels sont confrontées les femmes dans la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale. Ce livre m’a intéressé puisqu’il se consacre au rôle de la femme entre la vie au foyer et la vie professionnelle.

2. LICHTE Marijke, Die Aufteilung der Hausarbeit, verletzte Erwartungen und Beziehungsqualität, Munich, 2006.
Il s’agit d’un travail d’étude de 2003 dans le domaine de la sociologie. Le travail parle plus spécifiquement de la répartition des travaux ménagers dans le couple. Il s’agit de vérifier s’il existe un rapport entre la répartition des travaux ménagers dans un couple et les attentes et la qualité de la relation de ce couple. De plus, on analyse le temps consacré aux travaux ménagers et dans quelle mesure le temps employé ainsi pèse sur la vie du couple. En outre, on cherche les raisons pour l’inégalité dans la répartition des travaux ménagers. Ce livre m’a intéressé, puisque mon sujet de mémoire parle de la vie des femmes au foyer du Luxembourg, et je vais donc également m’intéresser au rôle que les hommes jouent dans ce foyer et s’ils aident leurs femmes dans le travail ménager.

3. MARGAIN Cécile, La femme au foyer est-elle l’avenir du féminisme ?, Paris, 2007.
À lire la presse féminine, le retour des femmes au foyer constituerait un phénomène de société. De plus en plus de femmes renonceraient à leur carrière pour s’occuper de leurs enfants. C’en serait fini de ces « working girls » arrivistes prêtes à tout pour la réussite professionnelle et la conquête du pouvoir. Après les « mémères au foyer » version sixties, place à la femme au foyer nouvelle génération : fière de l’être, branchée et heureuse. Tout n’est évidemment pas si rose au royaume des femmes au foyer. Si certaines affirment savourer chaque instant passé à la maison et se réjouissent de pouvoir s’impliquer dans l’éducation de leurs enfants, d’autres avouent qu’elles ne s’éclatent pas dans leur rôle de mère à plein-temps. Entre coups de déprime, frustrations, absence de reconnaissance sociale et incompréhension du mari, les femmes au foyer se rebiffent ! J’ai choisi ce livre, puisque mon sujet de mémoire va traiter des femmes au foyer au Luxembourg dans les années 1950 et 1960 et donc il serait intéressant de voir comment la situation se présente aujourd’hui, surtout s’il y a, comme le livre le cite, un retour en arrière.

4. MÖSSLER Kathrin, Die Frau zwischen Berufs- und Hausarbeit, Munich, 2003.
Il s’agit d’un travail sur le rôle des femmes entre leur métier et leur maison. Quoique les lois prescrivent l’égalité des sexes, beaucoup de femmes restent défavorisées dans notre société. Leur salaire reste en moyenne inférieur d’un tiers à celui des hommes. Une grande partie des employées féminines et des ouvrières féminines reste dans les catégories de revenus inférieures. Dans les postes à responsabilité élevée, on trouve moins de femmes. De plus, la répartition inégale du travail entre homme et femme dans la famille désavantage souvent la femme. Si la femme travaille, elle est exposée au fait qu’elle doit gérer son travail rémunéré, le travail ménager et l’éducation de ses enfants. Le présent travail parle de la situation des femmes dans notre société. On veut montrer les inconvénients que subissent les femmes avec la division du travail entre homme et femme ainsi que les effets des travaux ménagers au niveau politico-économique. Ce livre me paraît intéressant, puisqu’il évoque la situation telle qu’elle se présente aujourd’hui, et je peux l’utiliser pour voir si la situation a changée, et dans quel sens elle a changée par rapport aux années 1950 et 1960.

5. POULLAIN DE LA BARRE François, De l’égalité des deux sexes, discours physique et moral où l’on voit l’importance de se défaire des préjugés, Paris, Fayard, 1984.
Ce livre de 1673 veut démontrer que l’inégalité de traitement que subissent les femmes n’a pas de fondement naturel, mais procède d’un préjugé culturel. Il préconise que les femmes reçoivent une véritable éducation mais aussi de leur ouvrir toutes les carrières, y compris les carrières scientifiques. Comme ce livre est déjà plus ancien, il me paraît quand même intéressant pour évoquer le contexte historique dans mon travail de mémoire.

6. RIPA Yannick, Les femmes, Paris, 2002.
” Il n’y a pas de femme parmi les grands peintres et les grands musiciens ” ” La place de la femme est à la maison ” ” Les femmes sont moins payées que les hommes ” ” Toutes les femmes sont des hystériques ” ” Le travail libère la femme ” ” La politique n’intéresse pas les femmes “… Issues de la tradition ou de l’air du temps, mêlant souvent vrai et faux, les idées reçues sont dans toutes les têtes. L’auteur les prend pour point de départ et apporte ici un éclairage distancié et approfondi sur ce que l’on sait ou croit savoir. Bien évidemment, ce livre me paraît indispensable pour mon travail de mémoire, puisqu’il parle du rôle des femmes et des idées reçues les concernant.

7. ROWOLD Katharina, The Educated Woman: Minds, Bodies, and Women’s Higher Education in Britain, Germany, and Spain, 1865-1914, Londres, 2009.
“The Educated Woman” est une étude comparative sur le fait que les idées reçues de la nature féminine ont créé des débats sur l’éducation supérieure des femmes à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle dans trois pays de l’Europe de l’ouest. En examinant le rôle de la science et de la médicine dans la construction des différences sexuelles dans ces débats, le livre se concentre également sur les différentes façons avec lesquelles les féministes contemporaines ont négocié et reconstruit les conceptions de l’esprit féminin et sa relation avec le corps. Rowold montre comment dans chaque pays analysé les débats sur l’éducation supérieure et les conceptions sur la nature féminine ont été formés par des contextes historiques différents. Ce livre me parle intéressant, puisque je m’intéresse également dans mon sujet de mémoire à l’éducation des femmes. En effet, je vais aborder la question si uniquement les femmes ayant reçu une éducation basique sont restées à la maison ou si parmi elles se trouvaient également des femmes ayant poursuivi des études supérieures.

8. THEBAUD Françoise, Ecrire l’histoire des femmes et du genre, Lyon, 2007.
Ce livre analyse le développement de « l’histoire des femmes » et les débats théoriques et méthodologiques qui l’ont marqué. La nouvelle édition de 2007 rend compte des développements jusqu’à ce moment-là et met à jour la bibliographie, la première édition du livre datant de 1998. L’auteur soutient que « l’histoire du genre » est maintenant largement reconnue dans la discipline historique, même si elle continue à se heurter à une résistance institutionnelle en France. Les questions qui sont posées dans le livre sont : « Les femmes ont-elles une histoire et comment l’écrire ? Qu’est-ce qu’une histoire du genre et quels sont ses apports ? » L’ouvrage tente de faire comprendre les origines culturelles et politiques d’une histoire des femmes avant d’en présenter les développements. Ce livre m’a intéressé puisqu’il s’agit d’une histoire des femmes et du genre et que les femmes au foyer font l’objet principal de mon mémoire.

9. VIVIER Nadine (dir.), Les sources orales de l’histoire, Paris, 2006.
L’histoire orale se développe en France et en Europe, car elle permet un renouvellement de l’histoire contemporaine en travaillant sur les questions du « temps présent » dont l’étude est impossible par une autre voie. La fin du 19ème siècle et le 20ème siècle ont vu naître et se développer dans la société, à côté du support écrit et imprimé, de nouveaux moyens de communication, d’information et de transmission : photographie, radio, télévision, cinéma, enregistrement et transmission du son et de la parole. L’historien du 20ème siècle ne pouvait ignorer ces nouvelles ” traces ” des activités humaines et sociales qui ont enrichi son corpus de sources. Cet ouvrage, rédigé par des spécialistes des sources orales, est consacré aux paroles enregistrées des acteurs et des témoins, paroles suscitées a posteriori par rapport aux faits dont elles témoignent dans un but patrimonial, culturel, scientifique ou pédagogique. L’objectif des auteurs est d’initier les étudiants en histoire contemporaine à la constitution et à l’exploitation des sources orales. L’ouvrage propose donc une introduction historiographique générale, une partie méthodologique et six chapitres thématiques (défense, administration, politique, société, femmes et genre, économie et finances) accompagnés de témoignages commentés. Ce livre m’intéresse particulièrement, puisque je vais devoir réaliser une douzaine d’interviews pour mon sujet de mémoire. Ces interviews constitueront d’ailleurs ma source principale.

10. WAGENHOFER Gertraud, Hausarbeit ist weiblich: Geschlechterspezifische Unterschiede bei Einstellungen zu und Anteil an der Hausarbeit, Munich, 2011.
Quand on parle de travail ménager, on pense au travail féminin. En partant de la thèse que la majorité des travaux ménagers se fait par les femmes, même encore en 2007, on a mené une étude à ce sujet. Le questionnaire utilisé pour ce travail a apparemment suscité de nombreuses discussions concernant l’assistance, la répartition et l’égalité des travaux ménagers au sein des familles étudiées. Le présent travail comporte également une partie sur l’affectation des travaux ménagers comme typiquement féminins ou masculins. Ce travail m’intéresse puisqu’il se consacre notamment au travail ménager et qu’en réalisant un travail de mémoire sur les femmes au foyer, je suis particulièrement intéressée par la participation des hommes et même des autres membres de la famille dans ces travaux ménagers.

Website Review: The Social Europe Journal

The „Social Europe Journal“, an online journal “debating progressive politics in Europe and beyond”, offers a wide range of established opinions on European and global social and economic policy in past, present and future. Different authors discuss facts, occasions and developments and give opinions on these which are in several cases uncommon, new, provoking.

 

1.IDENTIFICATION

 

1.1.Url-Uri:

http://www.social-europe.eu/#ios

 

1.2. Title:

The head title of the website, as written on top of it, is: „Social Europe Journal – debating progressive politics in Europe and beyond“ (short form: SEJ). But as the tag title, „Social Europe Journal – Europe, democracy, politics, economics, globalization, political economy and international relations“ appears. On the first page of the first online published issue, the journal has furthermore the subtitle „the journal of the european left“1. This subtitle vanishes in Volume 3 Issue 3 in spring 2008.

1.3. Date of realisation:

The electronical journal was founded in late 2004; the first publications are dated on spring 2005: The first Issue of the journal, Volume 1 No. 1, goes online and is published in May 2005. Its headline is „The European Constitution in Focus“.

 

1.4. Date of last update:

The SEJ team does not post when the website was updated the last time. The latest article is from 15 February 2013, the last tweets are from 17 February 2013.

Excluding weekends, there is at least one article uploaded on almost every day. The copyright is dated on 2013 as well. So although the website is created for a journal being published only four times a year, it stays up-to-date. The texts are

Furthermore, there belongs a twitter account to the website, which tweets are as well visible on the website itself, in a column on the right side. Several tweets are written every day.

 

1.5. Author(s) and 1.6. Institutional editor:

The „Social Europe Ltd.“ is responsable for the website. As editorial board, several notable persons, most of them politicians, are mentioned2. Beside them, the European Social Journal has a lot of different authors. In fact, anyone can become an author by sending his/her article or blogspot to the journal. Then, one of the SEJ editors has a look on the article, and there is a decision made whether or not to publish it. Though, of course, the author gives the SEJ the right to publish his article, he keeps the final copyright (giving the SEJ a licence for the publication) and responsibility for what he/she wrote:

 

All articles published on Social Europe Journal only represent the opinions of the respective author(s) and NOT the opinion of Social Europe Ltd.. Any comments on articles are only the opinions of the respective commenters.“3

 

1.7. Dimension:

The sub-pages of this website are not easy to count because almost every day new articles, texts, tweets, blog entries etc. are published. The website is – naturally – structured regarding their contents and constantly updated. What can be stated is the following:

– Eight sub-pages give a general structure to the website (such as „Home“, „About“, Archive“).

– Seven sub-pages give a structure to the published articles regarding the kinds of texts (such as „Essays“, „Columns“, „Blogs“). Three of them are again classified into several thematic subjects (such as „Themes“, „Debate“).

– In addition, there is a sidebar, where the social networks with SEJ presence, video clips, books and the current tweets are presented, and a part at the bottom of the page with links, recent comments, RSS feeds and tags.

 

1.8. Modalities of access:

There is free access to the whole content of the website. Furthermore, a possibility exists to receive the published articles via e-mail. This possibilitiy requires nothing but a short and simple registration, as well for free, asking for nothing but the name and the e-mail address of the interested visitor. No password and no account is to be created. Texts, books and any issue of the SEJ that is yet published can be downloaded without creating any kind of account and without giving any information about oneself.

 

1.9. User statistics:

There is no information on the website itself mentioning how many people visit the website per day, no visitor statistic at all. But on http://digsitevalue.net/s/social-europe.eu4, some information can be found: There is said that www.social-europe.eu has 847 unique visitors every day, what ranks it #228 524, of website’s popularity, on the internet. On this statistic page, there is as well stated how many pageviews these visitors make (1101), what earnings the SEJ website has, what its IP address is and where the server stands.

Of course, it is furthermore possible to see how many followers the SEJ has on the several social networks where it is presented (what are the „classical“ ones: Facebook, Twitter etc.).

 

1.10. Date of analyse:

The website was analysed between 10 and 17 of February.

 

1.11.Reviewer:

The website was analysed by Mechthild Herzog, student of the Master in European Contemporary History at the University of Luxembourg (2nd semester), as a task in a seminar about Digital Humanities.

 

 

2. CONTENTS

 

2.1. Subject:

The Social European Journal is an online journal and forum dealing with current political questions concerning Europe, especially the European Union. The articles are as well about intern as extern problems and developments – of course, subjects of globalisation and international relations play an important role, though not always taking place on the European continent, because they have an influence on European countries or the EU.

The articles do mainly deal with social and, being often connected to that, economic questions. Of course, the current crisis in the EU is an important subject, being covered in several articles. Some authors think about how the social system in Europe can be improved in post-crisis times and already now, how unemployment can be fought, how democracy can be developped. Next to this – dominating – subject, articles are published, e.g., about the social side of the environmental crisis: how societies can be built that respect and protect the environment, and what political and social apsects influence this crisis.

So in general, current subjects are considered under a social point of view, what gives new perspectives on aspects the reader may have thought to be only economic or financial. As well political subjects are handled, e.g. elections – considering their influence on European societies.

What is obvious in the title of former issues of the SEJ, a politically rather left point of view can be found in some articles. But the journal offers a wide range of different opinions. Furthermore, it is important to mention that the authors are from all over Europe, what gives as well a very wide range of different opinions (regarding this fact, it is not possible to call the journal an entirely left one, because left parties are quite different in the different European countries). If there are articles about single countries, these are the ones being in public interest anyway – because of the crisis (there are articles about Spain5 and Greece6), because of their special role in Europe or the EU (there are articles about Great Britain7) etc. But the journal is not entirely well-balanced international: Smaller EU and European countries are, as usual, not as often mentioned as those with greater political influence. Furthermore, the SEJ is part of the „Guardian Comment Network“ – the „Guardian“8 is a rather left-liberal British newspaper (today as well with an US American edition). This does not make the SEJ a British journal/website (as well because the Guardian is not only read in the United Kingdom), but that is anyway a national sign on the website.

With regard to current European and global developments, there are published interviews, essays and other kinds of articles almost every day.

For such an up-to-date journal, it is not easy to talk of one or another disciplinary approach to European or EU history: In several articles, historical facts are mentioned and included to show developments and preconditions for a today’s situation. But of what kind they are depends on the subject of the article. Of course, due to the general subject of the SEJ, they are of a rather social, economic and/or political content.

 

2.2. Aims:

The main aim of the SEJ is not to inform on European topics and developments, but to give an opinion on them so that the visitor and reader can understand them better. For that, the journal tries to be not another general newspaper or forum, but to present exceptional views and thoughts: „We are committed to publishing stimulating articles by the most thought-provoking authors.“9 The range of opinions is not completely open, but – as already said – of a politically rather left point of view. The journal offers backgrounds, interviews, discussions, recommends as well books and further links to similar subjects. Furthermore, it offers to take part in the discussions via comments and even to become an author oneself (as described earlier, anyone can send an article to the SEJ, and if it is interesting, well-written and fitting to the SEJ subjects it can be published by the journal). The website is not the only way to get to know the SEJ subjects – via several social networks, that is possible as well.

The visitors and readers of the journal are – so can be supposed – from all over Europe and from the US10, maybe even from other continents (there is no list, statistic or any other kind of information about that on the website, but it can be guessed by the list of authors and subjects). The journal aims to make as many visitors active participants in discussions and communication about the different subjects. Regarding the comments under most of the articles, that works quite well.

 

2.3. Published Material:

Most of the publications on the website are – as usual for a journal – articles. They have different forms: essays, interviews, discussions, reviews, blogs etc. Almost all of the publications on the Website are texts, with at least one picture of the author or of something concerning the described subject. To some of the articles the authors offer diagrams for better understanding11. There are as well a few videos on the website, but they are not entirely made by the SEJ team, instead as well by partners to whom the SEJ gives place to advertise their sercives and products. At the bottom of the „Home“ page, right before the list of further links, recent comments and tags, there is a sub-headline „Latest SEJ Videos“, where at least one video clip of the SEJ team can be found.

The published issues of the journal can be downloaded for free; the website offers further the download of a few digital versions of books.

There is an „Archive“12 rubric on the website, but it leads to nothing really. What is instead kind of an archive is the list of the already published issues since spring 2005, downloadable as PDF documents13. But there is no overview over all articles that have been published on the SEJ website so far.

Because the website is no primarily historical website, there are no archives of primary sources.

 

2.4. Context in which the material is offered:

There are no primary sources, so there cannot be said anything about the philology.

 

2.5. Historiographic theses:

As there is no historiographical content on the website, there is no historiographical thesis represented. There are some political and sociological points of view that could be assigned to one or another school – but even there it would hardly be possible to find one dominating point of view because of the wide range of authors, including politicians, scientists, economists, employers, representants of labour unions etc. What is possible to say is that one may probably not find a very conservative or politically right opinion on the website.

 

2.6. Up-to-dateness:

As written earlier, there are published new articles on the website on almost every day. As they deal with current topics and questions, the texts are all up-to-date, though not every opinion described there may be revolutionary. What is once published is not corrected or updated again – if there is reason for new opinions or the change of old ones, there are new articles written and published.

 

 

3.STRUCTURE AND LANGUAGE OF COMMUNICATION

 

3.1. Metaphor:

Nothing like that could be found on the website.

 

3.2. Logic organisation of space and content:

The website is organised in a reticulate kind. To get an overview, on the top of the page are two lines, one giving a rather structural, the other a more content-related order (as described in 1.7. Dimension). But the published articles are not only found in one of the given categories: Every of them is filed under several of them, regarding the kind of text as well as its content. Furthermore, they are tagged with key words leading to related articles, so that the reader can get more information about a subject.

On whatever sub-page one is – the sidebar on the right side, with links to the social networks, videos of partners, e-book offerings and current SEJ tweets as well as a field to subscribe for getting information about new articles on the website via e-mail, and the head of the website always stay visible, together with the bottom part, offering further links to partners and interesting institutions for the reader, presenting recent comments and giving the most important tags. And there is a bottom line, assuring the copyright and giving a link to the used WordPress theme, what is the „Magazine Theme“ on „Genesis Framework“.

 

3.3. Navigation:

The wirst site one is led to via the link www.social-europe.eu is, as usual, the „Home“ site. On the top of this side, there is a little slideshow presenting five important articles of the last days with a big picture and a headline. Under it, the visitor finds a list of the seven latest articles, always presented with headline, date, author, number of comments and the first lines of the text. Then, two columns present the latest entries in the categories of „News & Events“ and „Blogs“, and another sub-headline proposes the „Latest SEJ Videos“. At the bottom of the „Home“ page, there is another box giving further links to subject-related institutions and websites, presenting recent comments, RSS feeds and an overview over the most important tags – and at the very bottom, there is another line with the copyright and the name of the WordPress theme.

The chosen design is, in general, a quite typical one for WordPress pages. It offers a lot of possibilities for intern linkage what makes it quite easy for the visitor to find articles that interest him/her. Every article is linked in several categories, regarding its kind of text (blog/essay/column etc.) and its content. These two aspects are organised in a second sub-line under the website’s title line, categorising the published articles. In the first sub-line, a rather general organisation is made: By clicking on one of the article-categorising keywords, only a list of articles opens. But the first, rather general sub-line leads to several sub-pages, such as a page „About“14, explaining what the SEJ is, or „Article Submission“15, explaining to (future) authors their possibilities, rights and duties.

On whatever sub-page or category the visitor is currently, appears visible for him in the head part of the website: The keyword is, instead of the normal grey/white, red.

To return to the „Home“ page is quite easy: either by clicking on the word „home“ in the first sub-line, or by clicking on the big red title-line with the name of the website, „Social Europe Journal – debating progressive politics in Europe and beyond“, on it.

As well the intern linkage between different articles works quite well: Every article offers at its end a list of keywords leading to related subjects, where the visitor can read more. In addition, under every article four more articles are „Recommended for you“. Regrettably, they are rather seldom related to the subject of the article above, and seem more like a random choice.

One more part of the website – the sidebar on the right – will be closer examined in terms of extern linkage.

 

3.4. Language of communication:

There are no sounds, special graphics or images besides the pictures (=photographs) to the articles – only one little thing could be remarked here: There is a little symbol, a kind of a little speech bubble, for the comments, whose number is stated under every article’s headline. And there is a calendar symbol for the date when the article has been published on the website, a file symbole for the categories under which the article is filed, and a little tag symbol for the tags.

The language that is used, especially in the general texts of the SEJ team, is rather formal. As typical for a journalistic website, the sentences are not too long, but concise. The diction is not too „dry“ and scientific, instead it tries to catch and keep the attention of the visitor. This can be said as well about most of the articles, though there are some that contain a little too many terms, so that only people who know the subject very well can understand anything. But most of the texts are not difficult to read. Stylistic figures do appear in several of them – but because of the number and wide range of authors, it is hardly possible to call one or the other a typical one for the website.

As the website claims to offer a wide range of partly provoking opinions, it is not surprising that sometimes the choice of words is capturing, trying to convince the reader between the lines – what is as well quite typical for a journalistic medium, even more one being focused on presenting opinions, not only facts. In the choice of words, it is also possible to find the website to be indeed a little politically left biased: E.g., in the category „Themes“ one can open a list of articles concerning „Capitalism“16, what would in this way probably not appear in a more conservative medium.

 

3.5. Extern connectivity:

Effectively all extern linkages of the SEJ are put together in two parts of the website that are always present for the visitor, no matter in which category he is or which article he is reading. First, there is the sidebar on the right side. There are symbols with links leading to several other websites and networks: On the top of the sidebar, there is a blue box saying that the SEJ is part of the „Guardian Comment Network“ (as already written in 2.1.Subject), leading the visitor the the „Guardian’s“ website. Then, there are little symbols leading to the account or channel of the SEJ at several social networks, as Facebook, Twitter etc. Twitter gets some more space of this sidebar: The lowest third of it is filled by the current tweets of the SEJ.

Further, under the social network icons, two videos are showed, announced as „ETUI17 Advertisment – The Crisis and Inequality“. Under these two Youtube links, two e-books are offered. Both of them are not entirely by the SEJ team, though there is one that was obviously initiated and mainly written by the SEJ team – in collaboration with and with support of some partner institutions.

The second important place for extern linkage on the website is the bottom box: Here, the SEJ presents links to extern websites of partner institutions and institutions dealing with similar subjects. The SEJ only presents the names of the certain institutions, which are linked to the related websites.

Sometimes, the authors offer extern links, giving sources or further information to their articles – e.g. „Does The Richness Of The Few Benefit Us All?“18, by Zygmunt Bauman. Of course, if authors offer sources etc., they do not only present links, but as well books.

 

3.5.1. Role of the user:

The visitor’s/user’s role can as well be an active as a passive one: First of all, the SEJ offers articles to be read, videos to be watched. So if the visitor only wants to inform himself, he can stay entirely passive, with the only active part of clicking from one article to the next. If he is not only interested in one article or subject, but in the general work of the SEJ, he can get a little more active by subscribing with his name and e-mail address in a sign-up-box that is part of the sidebar. This way he gets news about new articles etc. on the website via e-mail. If he wants more, maybe shorter or more current information, the visitor has furthermore the possibility to follow the social network links, to follow the SEJ on Facebook, Twitter etc.

The SEJ offers its readers to participate in the discussions, to give their opinion to the authors’ ones. So there is the very simple comment function under each article: Under the big headline „Leave a Comment“ there is a box; in this box one can write one’s comment. After filling in ones e-mail address and name and, if wanted, a website, one can simply post the comment. If one stays interested in the further process of a debate, one can demand to get informed about follow-up comments via e-mail. If a visitor wants not only to comment an article, but reply to an other comment, that is possible as well.

The greatest possibility of playing an active role on www.social-europe.eu is, of course, becoming an author onself. The way to that is described in the category „Article Submission“19 and further mentioned and detailed depicted in the chapters 1.5.Author(s) and 2.2. Aims.

If a visitor wants to contact the SEJ, there is an own category named „Contact“20, offering a field where the personal message can be written. As in the former cases of participation, the visitor has to give his name and e-mail address. Beside this contact form, there is no other possibility to get in touch with the SEJ team, nor with an author – no address, no e-mail address, no phone number. Further contact is only possible via the social networks.

 

3.5.2. instruments of navigation:

Beside the already described possibilities of commenting and participating in discussions, there are no more interactive aspects on the SEJ website. The visitor can download the PDF issues of the journal or some offered e-books – but there is no intern message service, no social component beside the comment function. Intern research is not possible, what is indeed a deficit of the website. The only remark about research can be found in the „Archive“:

„Our archive search function is powered by Google. Please use the search bar below to search for articles in our archive.“21

But, as written earlier, there is no such search bar – so the only way to really do some research on the SEJ website is via Google or other online search machines.

 

 

4. CRITICAL JUDGMENT

 

4.1. Description:

The „Social Europe Journal“ is an online journal that concerns itself with mainly social and economic subjects, which can be as well national as European or even global, but are in any case of importance for at least several European countries, mostly for the EU or Europe in general. As those fields are, especially today, rather political ones, the journal is political as well, presenting to the social and economic subjects political opinions, developments, politicians etc.

Though it removed its political attitude from its title, its attitude remains a rather political left one, what is visible in the choice of politicians that are interviewed (e.g. Peer Steinbrück22, German chancellor candidate of the social democratic party), of institutions which are examined (e.g. „The Socialist International“23), of thematic categories (as the already mentioned category „capitalism“), and as well by the range of authors, being or having been in several cases politically active themselves, in parties24, labour unions25 etc.

In different forms of texts (as essays, columns, blogs etc.) and sometimes even video clips, the SEJ brings up subjects bothering Europe – and such ones it finds important and worth bothering about in presence and future. Of course, an often returning, detailed analysed subject is, since months and years, the economic and financial „crisis“. That can already be seen by only glancing at the current important tags presented at the bottom of the website: Keywords like „Eurozone“, „austerity“, „crisis“, „EU“, „ECB“ and „euro“ directly catch the reader’s eye, and so do some countries’ names which play an important role in these times – Greece, UK and Germany. Being closely bound to the European economic and financial situation, as well the US appear very big. As well several of the last journal issues, downloadable as PDF documents, are dominated by articles about the crisis. But the SEJ is not entirely focused on it: The summer/autumn issue of 2011 deals with „Justice and Equality in the Good Society“26. And several articles on the website deal either with current problems (as one about the horse meat scandal 27) or with questions of a rather general kind (as one about „The World in 2030“28). But whatever the texts are about, they are never simply reports, but always aim to illustrate the author’s opinion and to help the visitor building himself an own one. The worth of this will be argued in the next chapter; the content and structure of the website is further and more detailed described in the former ones.

 

4.2. Evaluation:

The „Social Europe Journal“ offers a wide range of established opinions on European and global social and economic policy, in past, presence and future; not seldom connecting these. In different kinds of articles it discusses facts, occasions and developments and gives opinions on these which are in several cases uncommon, new, provoking. As far as this can be said by a non-professional on these thematic fields, the articles are well researched and well-founded. This may not only be proved by the pro and contra in the articles, by links and footnotes, but as well by a look at the authors’ CVs: Many of them are or have been professors of different fields of political science and economics, partly at universities of very high esteem; many of them are working in the domain they are writing about. Another point making the website trustworthy is the collaboration with other well-known, acknowledged institutes29.

The visitor is not only invited to read what is published on the website, but to give his own opinion to the different discussions via comments – or even to become an author himself. As well in this step, the reliability of the website and the publications remains preserved, because nothing is published without being checked by a SEJ editor.

Though the SEJ offers very interesting opinions and articles on many subjects, it is not appropriate to be one’s only source about European and global facts and developments in social and economic matters: Things that happened or are about to happen are hardly simply described and classified. They are rather the initial point for further thoughts, for opinion constructions, searching quite often for coherence, deeper connections. To have articles like this may be very important to get some background knowledge and to become able to think further then the status quo. But the SEJ offers no possibility of quick updating about current news, not even really via its Twitter account, where basicly currently published articles are given notice.

Anyway, there are probably enough possibilities in the today’s media world offering up-to-date news.The only gap the SEJ could have filled might be to post news in exactly their – social and economic, especially European – domain. But what the journal does instead is exactly what several voices predict as the journalism’s future: to give background and opinion so that the reader can classify the mass of information and news reaching him every day, especially via the internet.

The SEJ is written entirely in English (in older PDF issues, there are links to translations, but they are not working). But as English is one of the three official EU languages and a worldwide spoken and understood language, that is no real disadvantage. What is not as easy as understanding English is to understand any abbreviation given especially in the short texts about the authors. If the reader is not expert or at least well-read on the subject, he may have problems with understanding. That is not only the case because of abbreviations, but because of some passages in articles that are only hints and that may be well-known for a professor of the field, but not necessarily for a random visitor. But these cases stay rather single ones; most of the articles are well-written and their subjects and contents well explained.

By reading SEJ articles, the visitor has to be aware that this website is no neutral one. As already said, the arguments are in most of the cases well developped, and there are several articles and several opinions to many subjects. In some cases, the articles are of a rather populist kind30. But these articles are usually put in a clearly opinion-determined category, as the column, so that the visitor can see from the beginning with what kind of text he is dealing, and no opinion will be imposed on him if he keeps that – and the slight political orientation of the website – in mind. And this is a precondition for the reception of any kind of media.

The structure of the website is in general very clear and easy to understand. It works well together with the content, with its sub-pages, categories and linkages. There are only little aspects that can be criticised: If one opens the category „Themes“ by holding the cursor on it, not every theme is visible (because the list is too long) except if one scrolls down as much as that the second sub-line of the website with the categories is at the last possible point to be seen. Of course that may depend on the visitor’s monitor – but especially in times of smartphones (and there is no special mobile version of the website) such a detail is not very practiable. Another structural lack of the website is the non-existing search function: One is supposed to be in the „Archive“ – but the promised „search bar“ does not appear. So if the visitor is searching for a special article, he has to go via online search machines. But all other functions are working quite well: the comment function, the contact form, the possibility to subscribe for SEJ articles, the links to the social networks, the download area of the PDF issues and the download of offered e-books.

In general, the „Social Europe Journal“ is a recommendable website for people who are interested in social and economic policy and development on national, European and global level. It offers well-structured, up-to-date background information and a wide range of interesting opinions, presented by a list of expert authors.

 

  1. http://socialeurope.wpengine.netdna-cdn.com/wp-content/uploads/2012/11/SocialEurope-1.pdf (last visit: 14 February 2013, 6 pm). []
  2. http://www.social-europe.eu/about/ (last visit: 14 February 2013, 7.15 pm). []
  3. http://www.social-europe.eu/copyright/ (last visit: 14 February 2013, 7 pm). []
  4. Last visit: 17 February 2013, 5 pm. The statistic is from 9 November 2012. []
  5. http://www.social-europe.eu/2012/02/there-is-an-alternative-how-spain-could-pursue-expansionary-policies/ (last visit: 15 February 2013, 1 pm). []
  6. http://www.social-europe.eu/2012/11/whats-the-matter-with-greece/ (last visit: 15 February 2013, 1 pm). []
  7. http://www.social-europe.eu/2013/01/david-camerons-european-paradox/ (last visit: 15 February 2013, 1 pm). []
  8. http://www.guardian.co.uk/ (last visit: 15 February 2013, 1.30 pm). []
  9. http://www.social-europe.eu/about/ (last visit: 15 February 2013, 2 pm). []
  10. http://digsitevalue.net/s/social-europe.eu says, almost half of the visitors per day (on average) would come from Norway, then, with quite some distance, from the US, Germany and the UK. []
  11. E.g.: http://www.social-europe.eu/2013/02/green-social-democracy/ (last visit: 17 February 2013, 2.15 pm). []
  12. http://www.social-europe.eu/archive/ (last visit: 15 February 2013, 6.30 pm). []
  13. http://www.social-europe.eu/sidebar-pdf-editions/ (last visit: 15 February 2013, 6.30 pm). []
  14. http://www.social-europe.eu/about/ (last visit: 16 February 2013, 10.30 am). []
  15. http://www.social-europe.eu/submit-an-article/ (last visit: 16 February 2013, 10.30 am). []
  16. http://www.social-europe.eu/category/themes/capitalism-themes/ (last visit: 16 February 2013, 11.45 am). []
  17. http://www.etui.org/ (last visit: 16 February 2013, 12.20 am). []
  18. http://www.social-europe.eu/2013/01/does-the-richness-of-the-few-benefit-us-all/ (last visit: 16 February 2013, 12.30 am). []
  19. http://www.social-europe.eu/submit-an-article/ (last visit: 16 February 2013, 2.30 pm). []
  20. http://www.social-europe.eu/contact/ (last visit: 16 February 2013, 2.30 pm). []
  21. http://www.social-europe.eu/archive/ (last visit: 16 February 2013, 3 pm). []
  22. http://www.social-europe.eu/2013/02/exclusive-interview-peer-steinbruck-on-the-eurozone-crisis-and-the-future-of-the-european-union/ (last visit: 17 February 2013, 1.30 pm). []
  23. http://www.social-europe.eu/2013/02/the-socialist-international-what-is-it-good-for/ (last visit: 17 February 2013, 1.30 pm). []
  24. E.g. Javier Solana /http://www.social-europe.eu/author/javier-solana/, last visit: 17 February 2013, 2 pm). []
  25. E.g. Klaus Busch (http://www.social-europe.eu/author/klaus-busch/) or Ronald Janssen (http://www.social-europe.eu/author/ronald-janssen/, last visit of both: 17 February 2013, 1.45 pm). []
  26. http://socialeurope.wpengine.netdna-cdn.com/wp-content/uploads/2011/07/SocialEurope-19.pdf (last visit: 17 February 2013, 2 pm). []
  27. http://www.social-europe.eu/2013/02/what-horsemeat-and-fish-tell-us-about-europe/ (last visit: 17 February 2013, 2 pm). []
  28. http://www.social-europe.eu/2013/01/the-world-in-2030/ (last visit: 17 February 2013, 2 pm). []
  29. E.g. http://www.ich-will-europa.de/article/online-debatte-europaeische-wachstumsstrategien-auf-social-europe-journal-website (last visit: 17 February, 4.30 pm). []
  30. E.g. http://www.social-europe.eu/2012/06/end-this-eurozone-crisis-now/ (last visit: 17 February 2013, 6 pm). []

Niew Issue- European Review of Economic History- May 2012

The Current Issue

A new issue of European Review of Economic History has been published.

 

 

 

 

Editor’s choice: Commodity market disintegration in the interwar period. William Hynes, David S. Jacks and Kevin H. O’rourke.

 In this paper, we document the disintegration of international commodity markets between 1913 and 1938. There was dramatic disintegration during World War I, gradual reintegration during the 1920s, and then a substantial disintegration after 1929. The period saw the unravelling of many of the integration gains of 1870–1913. While increased transport costs help explain the wartime disintegration, they cannot explain the post-1929 increase in trade costs. The proliferation of tariff and non-tariff barriers to trade, the collapse of the interwar gold standard, and the evaporation of commercial credit loom large as suspects.

War and economics: Spanish civil war finances revisited. Paulo Martin-Acena, Elena Martinez Ruiz and Maria A. Pons.

This paper reviews the financing of the Spanish civil war. We present new evidence showing that the combatants, the Republican government, and the Franco administration followed similar financial strategies. We argue, contrary to established wisdom, that both sides consumed similar shares of domestic and foreign resources. Using new price indexes, we offer budgetary figures in nominal and real terms for both sides. The Spanish civil war suggests that the outcome of wars, civil or otherwise, is independent of the point of departure. The economic and financial position of the combatants influences the development of wars. But the evolution of the economy is affected by the changing military fortunes of each of the sides.

The Corn Laws in continental perspective. Giovanni Federico.

Duties on wheat were the mainstay of trade policy in Europe in the first half of the nineteenth century. This paper documents the changes in policy of seven wheat-importing countries of Western Europe and interprets them with a political support model. All these countries raised duties after the end of French wars to protect the dominating landed interests against falling world prices. Prices started to rise in the late 1820s and this rise accounted for long-run liberalization. Price movements may also explain the timing of some decisions, but many others depended on circumstances and on the wider political machinations.

The role of Rentiers in the stabilization processes of the 1920s. Giovanni B. Pittaluga and Elena Seghezza.

The literature has underlined the existence of widespread economic regularities in the stabilization processes of the 1920s. This paper shows that political regularities also existed. The main reasons for these regularities are explained in terms of a political exchange hypothesis according to which interest groups express a demand for inflation (or deflation) and political parties seek to gain power by representing the interests of certain groups. A political equilibrium that leads to stabilization is a situation where a coalition of parties supported by social groups interested in disinflation obtains the majority. In the stabilizations that took place in European countries during the 1920s, marked political regularities can be seen and are econometrically tested. The differences in the way this equilibrium was achieved can explain the different paths to stabilization and its forms. Three stylized types of stabilizations can be identified, each of which is closely related to the historical experience of France, Germany, and Great Britain.

Are dictatorships less redistributive? A comparative analysis of social spending in Europe, 1950–1980. Sergio Espuelas.

Using new data on Spain and Portugal 1950–1980, this paper shows that non-democratic governments were less generous in providing social protection and also financed their meager social policy in a less redistributive way. This contradicts recent studies that hold that dictatorships have no significant effect on social policy. The analysis also reveals that, rather than provoking a “race to the bottom” or an increase in social spending, globalization favored the adoption of tax-funded systems instead of systems based on compulsory social security contributions.

Book Review – Kalter Krieg und Wohlfahrtsstaat. Europa 1945-1989, Hartmut Kaelble

 

Hartmut Kaelble war Professor für Sozialgeschichte an der Berliner Humboldt-Universität.

Das Buch versucht die Nachkriegszeit, beziehungsweise die verheerenden Ausmaße des zweiten Weltkrieges und die Zeit des Wiederaufbaus verdeutlicht wiederzugeben. Zunächst ist das Buch in drei Hauptkapitel eingeteilt, die auf die Nachkriegszeit (1945/50), Prosperität und Kalter Krieg (1950/73) und schließlich auf das Auslaufen der Prosperität und bis zur sogenannte Wende eingeht (1973/89).

Im ersten Kapitel wird auf die damalige Nachkriegssituation genauer eingegangen so dass der Frage der schwierigen Umstände in allen Hinsichten nachgegangen wird. In politischer Hinsicht konnte festgehalten werden, dass die Krise der europäischen Demokratie, der Beginn des Kalten Krieges und die Schwäche der europäischen Kolonialimperien verantwortlich für die schlechte Lage waren. Zusätzlich steigerte sich auf politischer Ebene die Spannungen zwischen den USA und der Sowjet-Union. Auf wirtschaftlicher Ebene geht der Autor genauer auf verschiedene Verträge, wie beispielsweise Bretton Woods (1944) und die Europäische Gemeinschaft für Kohle und Stahl (1951), ein. Diese Beschlüsse sollten unter anderem den westeuropäischen Länder, beziehungsweise Verbündeten der USA den wirtschaftlichen Aufschwung ermöglichen. Im weiteren Verlauf sollten solche Verträge auf die europäische Integration hinarbeiten. Neben diesen Aspekten wird in diesem Kapitel zusätzlich auf zwei andere Kernpunkte hingewiesen. Einerseits werden die Divergenzen zwischen den verschiedenen Staaten aufgearbeitet, denn Europa war zu dieser Zeit innerlich zerrissen. Andererseits wird auf die Situation aufmerksam gemacht, dass verschiedene früheren Kolonialstaaten künftig keine Kolonialimperien mehr darstellen.

Im zweiten Kapitel geht Hartmund Kaelble auf die Periode des Aufschwungs ein. Diese erststreckte sich über die 1950 er bis hin zur ersten Hälfte der 1970 er Jahre. Mit anderen Worten begann nicht nur die  wirtschaftliche sondern auf die politische, kulturelle und gesellschaftliche Situation allmählich besser zu werden. Beispielsweise war hinsichtlich der wirtschaftlichen und gesellschaftlichen Situation der Aufschwung mittels der sogenannten Massenkonsumgesellschaft ermöglicht worden. In kultureller Hinsicht kann auf den Generationskonflikt der 1950 er und 1960 er Jahre hingewiesen werden. Die junge Generation wollte sich von der älteren Generation durch verschiedene Merkmale, wie beispielsweise Kleidung oder Musik, unterscheiden. Trotz aller nationalen Unterschiede entwickelte sich eine international stark vernetze politische Studentenbewegung im westlichen aber auch in Teilen des östlichen Europa. Die Medien, beziehungsweise die Durchsetzung des Massenmediums Fernsehen veränderte die europäische Kultur grundlegend. Es kam unter anderem zu einer sogenannten kulturellen Amerikanisierung, aber auch die europäische Wissenschaft und Sozialwissenschaft wurde während dieser Periode stark von den USA beeinflusst. Die Politik war zu dieser Zeit durch insgesamt 5 Entwicklungen geprägt. Die Stabilisierung der politischen Ordnungen, beziehungsweise die Demokratien in Europa konnten einen Aufschwung festhalten. Zusätzlich kam es in einer nächsten Entwicklung zu einem Rückgang der Gewalt, der unter anderem durch die vergangen Kriegsgrausamkeiten zu vermuten war. Die drei weiteren Entwicklungen betrafen die Planung von Gesellschaft und Wirtschaft, die Veränderungen durch den Kalten Krieg und die europäische Integration. Eine grundlegende Entscheidung für die europäische Integration war die Gründung der europäischen Wirtschaftsgemeinschaft zwischen sechs Länder. Schließlich muss festgehalten werden, dass in den 1950 er und 1960er Jahren mittels Reisen und Migration zwar versucht wurde den europäischen Rückgang aus den Kolonien zu kompensieren, jedoch war durch den Kalten Krieg und die hohen Reisekosten der Tourismus nur schwach spürbar.

Im dritten und letzten Kapitel geht Hartmut Kaelble auf die Periode der 1970 er bis hin zum Mauerfall im Jahre 1989 ein. Diese Periode wird heute als Wendepunkt für das 20. Jahrhundert gesehen, die wiederum für Wirtschaft, Kultur und Politik Veränderung bedeutete. Ein sehr markantes Jahr, welches für eine wirtschaftliche Wende gesehen wird, war 1973. Damals kam es nämlich zu einem Ölpreisschock, der zu einer schlagartigen Erhöhung der Erdölpreise führte. Aber auch ein zweiter Ölpreisschock von 1979 verdeutlichte, dass Europa hinsichtlich anderer Länder hinsichtlich der Energieversorgung abhängig war. In den 1980 er Jahren kam es zusätzlich zu einer Massenarbeitslosigkeit, die in jedem weiteren wirtschaftlichen Abschwung zunahm, und schließlich nicht mehr zurückgedrängt werden konnte. Jedoch stieg der Handel Europas mit anderen Weltregionen weiter an und überschritt sogar das Niveau der Zeit vor 1914, beziehungsweise der beiden schwerwiegenden Weltkriege. In kultureller Hinsicht gab es in dieser Periode eine ganze Reihe von Neuentwicklungen. Beispielsweise wurde die Bezeichnung „Anything goes“ ein Leitmotiv dieser Epoche, um sich gegen die anwirkenden Krisen zu stemmen. In der Politik kam es zwischen den 1970 er und 1980 er zu keinen fundamentalen Demokratisierungsschüben in Europa. Jedoch wurde unter anderem in Griechenland, Spanien und Portugal die Diktatur abgeschafft und durch parlamentarische Demokratien ersetzt. Des Weiteren kam es zu einer Lockerung des politischen Milieus, sodass es zu einer größeren Vielfalt der Parteisysteme und der politischen Öffentlichkeit, allerdings von Nation zu Nation unterschiedlich, kam. Schließlich geht der Autor auf den Mauerfall und das Ende des Kalten Krieges im Jahr 1989 ein. Dieses Ereignis war verantwortlich für eine neue Periode und bedeutete wiederum Veränderungen im westlichen aber auch östlichen Europa. Es scheint als sei ein wichtiger Faktor die Person Gorbatschow gewesen, die mit hauptverantwortlich für den Umbruch war. Festzuhalten bleibt, dass dieser weitere Umbruch die europäischen Länder nicht exakt auf die gleiche Weise traf. Neben gemeinsamen Gründen gab es in manchen Ländern auch persönliche beziehungsweise nationale Anlässe.

Schlussendlich kann man festhalten, dass Hartmut Kaelble versucht mittels verschiedener Aspekte wie beispielsweise Politik, Kultur oder Wirtschaft ein klares Bild von der europäischen Nachkriegszeit zu geben, sodass der Wiederaufstieg Europas durch die Wirren des Kalten Kriege das Kernstück dieser Arbeit darzustellen scheint.

Homepage – Early Birthplaces Explore the history of European blast furnaces from 1800

http://www.early-birthplaces.eu/fr/Oberhausen.html est un site consacré à l’histoire industrielle européenne de différents bassins industriels: miniers (fer, charbon), sidérurgiques ou de textiles. Pour ce donner un caractère international il est accessible dans les 5 langues (nationales ou régionales) des 6 pays concernés à savoir en Anglais, Allemand, Français, Catalan et Polonais. Ce site qui s’articule originellement autour du site industriel de Oberhausen (Allemagne) est parrainé par le “Landschaftsverband Rheinland” ainsi que par l’Union Européenne, “Culture 2000”, les deux logos respectifs apparaissant clairement en tête de page.

Simple à utiliser du point de vue de la navigabilité, ce site présente trois musées européens consacrés à l’histoire industrielle, Oberhausen (Allemagne), Le Creusot (France), Zabrze (Pologne) ainsi que divers sites industriels en Catalogne (Espagne), Belgique et une collection de peinture concernant le site de Ironbridge (Royaume-Uni). De conception assez simple, la progression du visiteur n’est ni altérée par de trop nombreuses nouvelles fenêtres ,ni déportée sur d’autres adresses électroniques. Le site se compose d’une barre de menu latérale gauche composé de 7 boutons: Oberhausen, Ironbridge, Le Creusot, Catalunya, Zabrze, Belgique et d’un bouton “Simulation”. Ainsi que d’une barre de liens horizontaux en bas de page permettant d’accéder aux: Contact, Plan du site et Mentions légales du site, etc.

La présentation à l’écran du site web fonctionne toujours selon le même modèle graphique : une page en deux parties. La partie droite comprenant un historique et une présentation du site muséologique tandis que sur la colonne de gauche apparaissent des informations de visite telles que les horaires et jours d’ouverture, les tarifs, etc., mais aussi des liens situés en fin de colonne, permettent aux visiteurs de recevoir des informations complémentaires sur le sujet précédemment développé. Outre des textes explicatifs le site fournit également des informations sur ses lieux de patrimoine grâce à des illustrations: photos, cartes, dessins.

Outre les 6 premiers boutons donnant des informations sur des lieux ou musées dans les différents pays, le dernier bouton intitulé “Simulation” permet au visiteur de simuler de façon ludique le processus de fonte dans un haut fourneau de coke ou de charbon. Le visiteur  se prend ainsi au jeu de mélanger différents matériaux pour produire sa propre coulée. 

En conclusion, ce site offre un panel intéressant de lieux de mémoires industriels et met en valeur des musées souvent méconnus. Cependant, il ne s’agit là que d’une brève introduction servant à préparer une visite touristique ou à initier le visiteur à la sidérurgie, mais non pas d’un site  permettant d’analyser des phénomènes techniques en profondeurs.

MOLINA Domenico

 

Book review – RAPHAEL, Lutz, Imperiale Gewalt und mobilisierte Nation. Europa 1914-1945. München 2011

 

Lutz RAPHAEL ist Professor für neuere und neueste Geschichte an der Universität Trier. Bei diesem Buch handelt es sich um  um ein akademisches Werk und ist 2011 in München unter dem CH. Beck Verlag erschienen.

Der Autor befasste sich schon öfter mit europäischer Geschichte allerdings nie mit Fokus auf die sozialen Gegebenheiten während der zwei Weltkriege. Es gibt viele Bücher über die Zeit der Weltkriege, allerdings fand ich keine Werke, die die sozialen Auswirkungen dieser Kriege betrachten.

In der Einleitung des Werkes stellt Lutz die Welt im 19. und 20. Jh. und die Nachwirkungen der Weltkriege dar. Zudem definiert er die zwei treibenden Modelle dieser Zeit „Nation“ und „Imperium“. „Eurozentrismus war die kulturelle Begleiterscheinung der militärisch-politischen und industriell-finanziellen Dominanz Europas in der Welt.” (S. 25)

Lutz geht später auf die Folgen des Krieges für die unterschiedlichen Parteien, wie auch auf die Verträge und ihre Folgen ein. Die politische und soziale Situation in der Zwischenkriegszeit wird dargelegt, aber auch Reformen und Bündnisse der Mächte. Eine Massenkultur setzte ein, die sich aus „ dem Zusammenspiel technischer und sozialer Veränderungen“(S.139) gespeist hat.

Lutz geht ebenfalls auf die Weltwirtschaftskrise der 1920er Jahre ein. Dabei werden Ursachen und Folgen der Wirtschaftskrise für die europäische Gesellschaft dargestellt, die „eine Welle des Protektionismus“(S.177) auslöste.

„Der Aufstieg des Faschismus“(S.196) in Italien wird als Ausgangspunkt für die nationalistische Bewegung gesehen, später stellt Lutz dann die Situation in Deutschland und der Sowietunion dar, vor allem in Bezug auf die Kontrolle der Gesellschaft durch den Nationalismus. Der totale Krieg und seine Folgen in den unterschiedlichen Bereichen wie Gesellschaft und Wirtschaft werden anschliessend behandelt.

Die Folgen reichen bis in die 1990er Jahre. Die europïschen Gesellschaften mussten noch viele Jahre unter den Folgen des 2. Weltkrieges leiden. Dies zeigt der Epilog dieses Werkes.

Kommentar:

Mit diesem Werk zeigt Lutz eine neue Art der Geschichte des 20. Jahrhunderts. Neben den zwei Weltkriegen mit ihren Folgen, werden auch gesellschaftliche Veränderungen in der Zwischenkriegszeit dargestellt. Somit hat LUTZ versucht ein schwieriges Jahrhundert in einem Buch zu erklären, immer mit Fokus auf Europa, das in dieser Zeit am stärksten betroffen war und sich am meisten verändert hat. Meiner Meinung nach ist dies dem Autor gut gelungen, denn immerhin lernt der Leser nicht nur etwas über die immer wieder behandelten Kriege an sich, sondern auch die betroffenen Nationen in der Zwischen- und Nachkriegszeit. Für alle, die sich für das 20. Jahrhundert interessieren, ist dieses Buch nur zu empfehlen. Durch die neue Herangehensweise spornt das Buch zu Forschungen im Bereich der sozialen Auswirkungen durch Kriege im Allgemeinen an.

 

 

Book Review – Histoire économique et sociale de la construction européenne, René Leboutte

http://books.google.lu/books/about/Histoire_%C3%A9conomique_et_sociale_de_la_co.html?id=NI1DG7phrjYC&redir_esc=y
© Peter Lang

René Leboutte, docteur en histoire et titulaire de la chaire Jean Monnet, est professeur à l’Université de Luxembourg.

En 2008 il a publié avec l’aide du Leverhulme Research Fellowship, un livre intitulé “Histoire économique et sociale de la construction européenne”.

Il s’agit d’un livre historique académique adressé au large public, retraçant le parcours de l’intégration européenne depuis la première guerre mondiale à nos jours.

La question qui se pose au long de l’œuvre est: Faut-il unifier l’Europe en une vaste zone de libre-échanges? Dans le livre Leboutte essaie de répondre à cette question fondamentale en se basant sur des sources.

Le livre est divisé en six parties:

La première partie indique les voies possibles pour l’intégration européenne et l’origine du marché commun. La deuxième partie porte sur la mise en place du marché commun et ses étapes importantes comme le Plan Schuman, la création de la CECA et le traité de Rome. La troisième partie analyse l’Union économique et monétaire et le marché unique. La quatrième partie aborde les politiques communes, le budget européen et le rôle que joue la Communauté européenne dans le monde. La cinquième partie traite les mutations industrielles et agricoles au sein de la Communauté européenne, comme la politique énergétique et l’instauration de la politique agricole commune. Enfin, la dernière partie se concentre sur la cohésion économique et sociale. Elle aborde par exemple ou encore la politique sociale européenne ou encore le fonctionnement de la Banque européenne d’investissement.

Il faut préciser que pendant les trois premières parties l’auteur effectue une analyse chronologique dans ces propos, mais à partir de la quatrième partie il propose une analyse thématique.

Ce livre s’avère intéressant et instructif, car il donne un large point de vue sur l’histoire d’intégration européenne. En plus, le livre est très bien structuré en diverses parties qui comportent différents chapitres avec des titres et des sous-titres.

D’autres auteurs ont déjà publié des livres sur l’intégration européenne. Par exemple Sabine Saurugger a publié en 2009 « Théories et concepts de l’intégration européenne ». Cependant ces livres s’adressent aux spécialistes de la construction européenne (historiens, politologues) et s’avèrent un peu complexes pour le large public. Mais le livre de René Leboutte propose une analyse détaillée et très compréhensible pour le large public.

Un autre historien qui a abordé la construction et l’intégration européenne est Pierre Gerbet. En 2007 il a publié « La construction de l’Europe » aux éditions Armand Colin. Tout comme Leboutte, Gerbet analyse les grands chapitres de la construction européenne, comme la création de la CECA ou encore la mise en place du marché commun. Cependant contrairement à Leboutte, Gerbet s’est basé seulement sur l’axe chronologie et non sur une analyse thématique.

Donc, l’objectif primordial de l’intégration européenne a été atteint, l’Europe s’est unifiée dans la paix: « Certes, le chemin a été semé d’embûches et il a plusieurs fois été bifurqué, mais, après un quart de siècle, l’Europe constitue un marché unique plus grand que celui des États-Unis ». En plus, Leboutte fait le constat que l’Europe est aujourd’hui « plus unie qu’en 1980 ». Mais sa géométrie est devenue variable et ses frontières imprécises.

Book – Histoire du continent européen de Jean-Michel GAILLARD & Anthony ROWLEY

Jean-Michel Gaillard, énarque, docteur en Histoire, homme de gauche engagé et haut fonctionnaire de l’Etat français, né en né le 16 mai 1946 à Pont-Saint-Esprit, mort d’un cancer le 19 juillet 2005 à Paris, fût successivement enseignant, diplomate, conseiller de François Mitterrand à l’Élysée, dirigeant d’une chaîne de télévision (Antenne 2, auj. France 2), écrivain et magistrat à la Cour des comptes. Après avoir consacré plusieurs ouvrages aux grandes figures de la République françaises:  Les 40 jours de Blum (2001), Biographie de Jules Ferry (1989), …, cet homme de gauche, partisan de la laïcité et européen convaincu s’attaque dans ce nouvel ouvrage non pas à l’histoire des Nations européennes, mais au contraire à l’Histoire commune du Continent européen de 1850 à l’an 2000, montrant à travers ces 150 ans d’histoire tragique, marquées par le déchainement des nationalismes qui conduiront le continent à deux guerres mondiales et des millions de morts, l’obligation selon l’auteur d’un futur européen passant par la collaboration de plus en plus étroite entre les Etats européens, voire un jour, le rêve d’une fédération des peuples européens.

Le livre “Histoire du continent européen[1]” commence par une citation de Victor Hugo de 1849 dans laquelle le célèbre romancier français exprime après le  « printemps des peuples » de 1848, son souhait visionnaire et utopique de la création des  « Etats-Unis d’Europe » pour éviter les guerres et faire face aux Etats-Unis d’Amérique, expression reprise par la suite en 1929 par Aristide Briand lors de son discours à la Société des Nations. Ainsi l’auteur décide de débuter son Histoire européenne après l’échec du soulèvement des peuples européens, qui se revolèrent  pour plus de démocratie et pour plus de “Nations”. Cet introduction n’est donc pas anodine et veut montrer déjà au milieu du 19e les prémices de ce que nous connaissons aujourd’hui à travers l’Union européenne. Ensuite, ce livre se refuse d’être une juxtaposition d’histoires nationales, mais veut au contraire traiter le continent européen comme un acteur historique à part entière, comme une succession d’ensembles toujours menacés d’éclatement et rêvant à diverses formes d’unité. Ce livre tente donc à travers six chapitres [ I. Entre résistance et mouvement (1850-1880); II. Internationalismes et nationalismes (1880-1914); III. Cultures de guerres (1914-1953); IV. L’Europe provinciale (1954-1980); V. Une Europe émancipée (1980-1991); Europe ancienne et nouvelle Europe (1992- 2000)] de manière chronologique, d’aborder grâce à des études thématiques et particulières, d’être aussi précis que possible en touchant un large publique. De plus, Jean-Michel Gaillard et Anthony Rowley (pour ce dernier partie III. et V), outre d’avoir écrit cet ouvrage dans un français tout à fait accessible au plus grand nombre, ont enrichi leur œuvre en annexe par un récapitulatif chronologique et plusieurs cartes historiques, permettant au lecteur de mieux s’orienter. Ainsi tout en traitant du passé du continent européen ce livre est un formidable miroir vers l’avenir politique, économique et social de l’Europe actuelle. Selon les auteurs l’unité du continent pourra à l’avenir permettre de garantir la paix et la prospérité des populations européennes, qui après s’être longtemps affronter se dirigent obligatoirement vers un destin commun.

MOLINA Domenico


[1] GAILLARD Jean Michel et ROWLEY Anthony, Histoire du continent européen 1850-2000,  Paris, édition du Seuil, (1998)¹ 2001.